DECOUVRIR la Presqu'île de Guérande
Les marais salants
Situés entre Loire et Vilaine, les marais salants de la Presqu'île de Guérande comprennent 2 000 hectares de marais, cultivés et non cultivés, répartis en deux zones :
- les marais salants de Guérande, autour du Traict du Croisic, de 1 650 hectares, s'étendent sur les communes de Batz-sur-Mer, Guérande et La Turballe.
- les marais salants du Mès, au-delà du coteau guérandais, couvrent 350 hectares sur les communes de Mesquer-Quimiac, Saint-Molf et Assérac. Cette zone est alimentée en eau par le Traict de Mesquer.
Depuis près de 1 500 ans, des générations de paludiers ont créé et entretenu ce paysage unique. Leur technique de production artisanale respecte l'environnement et contribue à la richesse écologique du site, comme en témoigne la présence de 180 espèces d'oiseaux.
Son caractère unique, son goût authentique, sa richesse en oligo-éléments font du sel de Guérande un produit de qualité (obtention du Label Rouge en 1991). Les marais salants de Guérande et du Mès sont labellisés Site Remarquable du Goût depuis 1996. Classés depuis 1996, ils bénéficient à ce titre d'une protection forte des paysages. De plus, cette zone humide dispose de nombreuses autres protections réglementaires ou reconnaissances internationales pour sa valeur écologique (Natura 2000, RAMSAR, etc…).
Le travail du paludier s'adapte au fil des saisons. L'hiver et le printemps sont consacrés aux travaux d'entretien puis à la préparation du marais pour la récolte estivale. Le paludier récolte son sel de juin à septembre.
Les paludiers ont su modeler l'espace naturel grâce à un système complexe de bassins communicants, pour y faire naître cet or blanc : la mer irrigue le marais salant par l'étier au rythme quotidien des marées. En période de saunaison, tous les quinze jours, le paludier admet l'eau grâce à une trappe dans la vasière, vaste réservoir de décantation.
De là, sous l'effet d'une légère dénivellation, le paludier met l'eau à tourner dans la saline à travers une suite de bassins aménagés dans l'argile : cobiers, fards et adernes. Sous l'action du soleil et du vent, l'eau s'échauffe, s'évapore, la teneur en sel augmente : elle devient saumure et passe de 30-35g de sel par litre d'eau de mer à 250-280g de sel par litre. Dans le dernier bassin de décantation appelé l'œillet, le sel se cristallise. Par vent d'est surtout, des cristaux fins et légers flottent en larges plaques à la surface de l'eau : c'est la « Fleur de sel » ou sel menu, cueilli avec la lousse (3 à 5 kg par jour, par œillet et par beau temps).
La récolte du « Gros sel » ou « Sel Gris », qui se forme au fond de l'œillet et qui est récolté avec le las, est cent fois plus productive (50 à 70 kg par jour, par œillet et par beau temps). Le sel est ensuite porté jusqu'au trémet pour former un mulon qui sera évacué en septembre vers un magasin à sel ou salorge.
Mais l'influence de l'activité salicole s'exerce jusque sur l'architecture locale ; en effet, les villages paludiers aux maisons traditionnelles avec leurs huisseries de couleur et leurs ardoises sont un élément caractéristique du paysage.
A découvrir :
- Kervalet, Roffiat, Trégaté à Batz-sur-Mer
- Clis, Quéniquen, Saillé, Careil à Guérande
- Trescalan à La Turballe
- Boulais à Saint-Molf
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